ONA DIASPORA pour l’intégration de la diaspora et la réorientation de ses dollars

Le directeur général de l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA), Chesnel Pierre, a procédé, le vendredi 14 décembre 2018, à l’hôtel Royal Oasis, au lancement du produit « ONA DIASPORA » appelé à devenir une fenêtre ouverte sur la communauté haïtienne de l’extérieur qui, désormais, a l’opportunité de s’enrôler à l’ONA et de bénéficier des services et avantages comme l’assurance-retraite, les prêts hypothécaires, immobiliers, entre autres.

« Le moment est venu d’intégrer nos compatriotes de la diaspora dans nos mécanismes de prévoyance collective […] », a déclaré péremptoirement Chesnel Pierre, directeur général de l’ONA, au moment de lancer officiellement ONA DIASPORA qui, dit-il, constitue un retour d’ascenseur pour ces derniers. Avec environ 3 millions de personnes réparties un peu partout à travers le monde, a-t-il poursuivi, la diaspora haïtienne représente un potentiel humain et économique hors du commun.

Pour s’assurer du succès de ce nouvel outil, le directeur général de l’ONA dit avoir attendu environ une année avant de procéder à l’organisation de cette cérémonie de lancement afin de chercher à connaître les problèmes de ces compatriotes d’horizons divers, leurs doléances, leurs projets et leurs attentes, leurs aspirations et leurs ambitions.

À en croire Nesly Métayer, un Haïtien qui vit à Boston, la diaspora a toujours lutté pour son intégration et sa participation effective dans la vie active d’Haïti. « ONA Diaspora s’inscrit dans une politique active d’intégration de la diaspora dans l’un des systèmes les plus fiables en Haïti ». « La possibilité de recevoir une rente à la retraite facilitera le retour au pays », a affirmé dans son allocution Nesly Metayer.

En effet, ONA DIASPORA, dont le slogan est « Asire retrèt ou nan peyi ou! », permet à toute personne vivant dans la diaspora d’intégrer l’ONA, de payer ses frais de cotisation en ligne, et éventuellement de bénéficier de prêts en vue de lancer des projets d’investissement dans le pays. Ce produit nouveau s’adresse également au groupe d’Haïtiens, des professionnels ayant quitté le pays après le tremblement de terre de 2010 alors qu’ils avaient commencé à contribuer à l’ONA durant une période allant de 5 à 10 ans.

ONA DIASPORA permettra à ces derniers de continuer à payer leurs cotisations jusqu’à atteindre les 20 ans que réclame la loi organique. Quand ils auront 55 ans, ils auront droit à la pension-vieillesse de l’ONA et jouiront donc de deux pensions : celle de l’ONA et celle du pays d’accueil. En d’autres termes, pour reprendre les propos du DG de l’ONA, « y ap ka asire yon retrèt dekabès lè moman an rive ».

Pour Nesly Métayer, « la politique d’intégration de la diaspora haïtienne dans le système de retraite en Haïti est un mouvement stratégique innovateur d’une importance considérable pour Haïti. Elle permet l’élargissement de l’assiette des contribuables, facilitera l’injection des dollars non consacrés à la consommation d’une retombée positive significative sur la balance des paiements et le taux de change en Haïti. Elle est particulièrement porteuse d’une philosophie de justice sociale permettant à tout fonctionnaire haïtien qui, pour une raison ou une autre, aurait quitté le pays de continuer volontairement sa contribution et garantir au pays sa retraite ».

Évoquant ONA DIASPORA, Chesnel Pierre parle d’un retour d’ascenseur à ces ressortissants vivant en terre étrangère dans le cadre de la redistribution des richesses qui sous-tendent la sécurité sociale. L’actuel numéro un de l’ONA dit exécuter la feuille de route du président Jovenel Moïse consistant à placer la diaspora haïtienne au cœur du développement national. Pour sa part, la ministre des affaires sociales, Marie Elise Brisson Gélin, a exhorté l’ONA à faire bonne gestion du produit et réitère son support pour sa pleine réussite.

« Les contributions de la diaspora pour soutenir nos proches en Haïti sont énormes. Cependant, elles sont seulement consacrées à la consommation », a souligné Nesly Métayer, estimant qu’ONA DIASPORA, un autre dynamisme de contributions de la diaspora à l’économie haïtienne, offre à ses pairs une opportunité de support institutionnel qui rentre dans la logique d’investissement à long terme. « Pouvant intégrer le système de retraite pour nous-mêmes ou pour nos proches en Haïti est un outil d’investissement et de support qui va au-delà de notre support à la consommation », a-t-il déclaré.

En effet, depuis leur pays d’accueil, les compatriotes de la diaspora peuvent payer la cotisation pour leurs familles et leurs parents vivant en Haïti permettant à ces derniers, quand ils commenceront à travailler, d’avoir une longueur d’avance sur l’âge de la pension. Après inscription sur le site web de l’ONA, les compatriotes désormais assurés volontaires doivent, à l’aide d’une carte de crédit ou de débit, verser mensuellement 12% du salaire déclaré. À l’âge de la retraite, 55 ans, ils auront droit à 50% du montant brut déclaré par mois moyennant une période de 20 ans de cotisation et pourront jouir de leur pension indépendamment de leur plan de retraite dans leur pays d’accueil.

En 2017, selon des statistiques émanant de la Banque de la République d’Haïti (BRH), les transferts privés de la diaspora ont représenté environ 32% du PIB, constituant la principale source de devises de l’économie haïtienne. Au fil des années, les flux annuels sont passés de 327 millions de dollars en 1998 à 2.7 milliards de dollars en 2017. Cette année, la BRH prévoit une augmentation d’à peu près 14% par rapport à 2017, soit environ 3 milliards de dollars.

Source : Lenouvelliste

Source : Lenouvelliste